jeudi 11 avril 2019

Déconnexion à Mafate les Hauts

Quoi de mieux que l'îlet le plus isolé de Mafate pour prendre un bain de calme et de nature ?

Le périple de cette semaine va se décliner sur trois jours ; le premier jour, rouler 2 h jusqu'au parking surveillé et descendre près de 1 000 mètres à destination d'îlet à Bourse (après un fort raidillon juste à la fin of course !) ; le 2e jour, continuer de descendre (avec des petites montées par-ci par-là forcément) jusqu'à la Roche ancrée, au niveau de la rivière des Galets, puis tout remonter jusqu'au gîte ; le jour 3, faire le jour 1 à l'envers... Pour un sympathique total de 34 km et 1700 m de dénivelé, négatif puis positif...

Mais reprenons depuis le début !

Lundi ; j'ai pique-niqué avant de laisser la voiture au parking payant et il me faut redescendre un peu la route forestière du Haut Mafate, l'occasion d'admirer Salazie en plein soleil :


Un peu plus à gauche, c'est Mafate qui se découvre.


Sentier parfaitement sec, la saison des pluies aura été quasiment inexistante cette année...


En partant à midi, on découvre sous un nouvel éclairage les paysages que l'on voit d'habitude au petit matin...


On devine le passage escarpé dans la paroi en face.


On voit jusqu'au Port, de l'autre côté de l'île. Si près à vol d'oiseau, si loin en voiture...



Au lieu nommé "les deux fesses", le sentier devient étroit à flanc de falaise sur quelques dizaines de mètres


On se retrouve sur l'arête


Le piton Cabris permet de situer Aurère, à ses pieds.


Petite portion presque plate dans la forêt, il fait de suite plus frais...


Mais cela n'est que de courte durée, la forêt change pour des filaos dont les aiguilles forment un tapis moelleux ; mais attention en descente, ça peut vite glisser !

Les nuages sont apparus mais laissent le cœur du cirque ensoleillé.


Ma carotte pour avancer : les premiers goyaviers, miam !



Le croisement de la Plaque : cette fois je tourne à gauche !


Il faut descendre abruptement pour franchir la rivière et remonter tout aussi abruptement en face, comme on le voit (ou plutôt, devine) ici :


Nous voilà au point le plus bas de la randonnée du jour, j'en profite pour poser une géocache :




Allez, une centaine de mètres à gravir et ce sera fini (ou pas) !! On se demande pourquoi le garde-corps s'arrête là, alors que le précipice est toujours présent...


Ce qui est bien ici c'est qu'après de gros efforts on a toujours de belles récompenses !!


Me voilà sur le plateau, j'opte pour le sentier panoramique qui s'élève encore (sinon la version classique passe en pleine forêt). C'est presque un boulevard, récemment tondu...


J'arrive au point de vue de la table de pique-nique. Îlet à Bourse est le seul îlet du cirque duquel on peut voir la mer (mais il faut monter encore un peu plus, et là j'ai plus envie !)...




En redescendant, on passe devant la "chapelle végétale" ; tout a été construit en 2010 par les habitants et des artistes, seulement avec ce qu'ils avaient sous la main : vétyver, choca, bouse de vache, paille... et en utilisant les techniques communiquées par les anciens.


Mais la chapelle a souffert des intempéries de l'an dernier... je la trouve plus décatie que lors de mon dernier passage.


J'arrive au gîte "chez Johnny", l'un des deux de l'îlet. La structure est plutôt récente, dortoir et deux chambres doubles avec sdb privative ; je suis seule les deux jours et j'ai droit à la chambre double au tarif "dortoir", c'est sympa.


Après une bonne douche, je me pose et fais le tour du jardin. C'est extrêmement reposant ; l'îlet compte une soixantaine d'habitants... mais en le traversant j'ai eu l'impression qu'il n'y en avait pas plus de 10 !


Oupsss. Les fenêtres à l'ancienne : volets mais pas de menuiseries ! Je pense que l'hiver ici, ça doit cailler...


Fleurs de théier


Graines de théier :


Un peu plus loin, du café à différents stades :



Il fallait pouvoir être autonome dans ces endroits reculés, alors le jardin a une importance capitale : bibassier, papayers, bananiers...


pour les tisanes et la cuisine : romarin, citronnelle...


recyclage de bambous pour faire pousser des fraises...


Repas chez M. Thomas, un cari boucané pommes de terre, il n'y a qu'ici !!

La nuit est agitée, beaucoup de vent, des averses bruyantes, une dégradation est annoncée pour une bonne moitié de l'île, vais-je être du bon côté ??

Le matin me donne la réponse : oui !
En tout cas, c'est bien parti...


Néanmoins je décide de changer mon programme qui devait me faire faire une boucle vers le nord-est, là où les pluies risquent de s'abattre... alors direction le sud-ouest, carrément à l'opposé,  je devrais être tranquille ! Et en plus je vais emprunter un des deux derniers tronçons de Mafate que je ne connais pas, la partie entre l'îlet et le plateau de Gousse. Youpi !

Déjà, premier bon point, la descente est beaucoup moins ardue que de l'autre côté !


Bon ok je dois quand même remonter le rempart d'en face mais il est plus facile.


Sentier classique plutôt que des hautes marches taillées dans la roche ; par contre il y a beaucoup de vent qui fait un bruit étrange dans les aiguilles de filaos (on dirait le mistral dans une pinède !).


La pointe du piton Cabris commence à sortir de l'ombre...


Le passage à gué, renforcé par des grillages que je ne trouve pas terribles pour l'accroche avec semelles humides (pourtant bien nanties en crampons !)...


Le soleil progresse vite, plus vite que moi !



Je garde un œil sur l'Est, à l'affût du moindre changement météo...


J'adore ces portions plates au milieu de dénivelés de malade...


C'est une vue que l'on ne voit que sur ce sentier alors profitons-en car je ne suis pas près de revenir... Le Plateau d'Aurère est à son tour au soleil...


Plateau de Gousse sans l'ombre d'une hésitation !!


Rien que les petits zoizos et moi...



La plus belle vue de ce morceau de GR...




Face à Aurère (plateau de gauche), les cases d'îlet à Malheur les Bas. Pour aller de l'un à l'autre, pas d'autre choix que descendre dans le fond et remonter...


Les bonnes choses ayant toujours une fin, je sors du plateau pour reprendre une descente vers Grand place l'Ecole...


Maintenant ce sont les cases des Lataniers que l'on devine, en face !


J'ai changé de vallée, face à moi l'immense rempart du Maïdo et la crête des Orangers...


Voilà les toits des cases de Grand Place l'école/gîte-café-épicerie


Et encore une descente casse-genoux pour les plus sensibles (et hyper cardio dans l'autre sens), jusqu'à Cayenne, puis je passe devant l'église (robinet pour se ravitailler si besoin) et je continue sans m'arrêter...


Une sono diffuse une musique tonitruante, aucune envie de m'attarder...


Et juste à la sortie de Cayenne, une aire engazonnée un peu plus large (pour les hélicos) ouvre devant mes yeux ébahis ce paysage de toute beauté !




Par là, la sortie du cirque, direction Deux-Bras...


Magnifique ! On voit parfaitement le piton Maïdo tout en haut, et un peu plus bas, dans le creux du "V", c'est la Brèche. Entre les deux, plus de 700 m de dénivelé sur seulement 3 km, ça pique fort dans les jambes (et le cœur aussi d'ailleurs)...


Le sentier suit maintenant la ligne de niveau et ouvre à chaque virage de nouvelles perspectives...





J'entends quelques éboulis au loin... cette île est en perpétuelle mutation...


Une succession de cascades que l'on ne devine pas quand on est sur le sentier en face...

 

C'est tellement énorme que cela ne rentre pas dans le panoramique !


Avec sa forme de pyramide caractéristique, le piton Calumets...


Une forte descente m'amène finalement au bord de la rivière des Galets, il y a un gué à passer.


Obligée de déchausser pour passer le gué, l'eau est bonne. Encore 300 mètres et j'arrive au site de la Roche Ancrée. Croisement de plusieurs sentiers et aussi lieu de baignade et de pique-nique agréable. Mais pour moi c'est trop tôt, il est 10 heures...



Des gens font des plongeons un peu plus haut ; j'amorce mon demi-tour, j'ai quand même la partie la moins drôle maintenant : remonter tout ce que je viens de descendre !


Je m'accorde quand même un quart d'heure de pause pour manger un bout, boire, écouter le bruit chantant de l'eau qui tombe de vasque en vasque... plusieurs mètres en contrebas.


La fameuse roche ancrée, coincée en l'air entre deux blocs plus gros...


Re-passage par le gué, re-déchaussage, re-trempage de pieds/mollets, je prends mon temps.


Je me demande où je vais m'arrêter manger ; cela dépendra de ma progression et de ma faim !


Juste avant Cayenne, je prends à droite une variante qui permet de rejoindre un sentier botanique comportant de nombreux arbres spectaculaires comme celui-ci accroché à sa falaise avec ses racines tentaculaires, ou de très anciens manguiers...


On contourne Cayenne par le sud-est et on découvre un autre aspect.


De nouvelles vues inconnues


Le soleil donne à fond, il est midi, promis je m'arrête dès que je trouve un coin sympa à l'ombre ! Après cette énième montée dans la forêt...



Je trouve une roche taillée en siège juste pour moi avec une belle vue sur le rempart d'en face où court la canalisation des Orangers...


La remontée en pleine chaleur est un peu duraille... une fois au plateau de Gousse, cela va mieux car il y a de l'ombre ; puis je vois le plateau d'îlet à Bourse, je touche au but. Et c'est tant mieux car je vois de la pluie au loin !


Finalement, pas de pluie. J'arrive au gîte, je suis cuite ! Petite sieste bienfaitrice pour compenser la mauvaise nuit passée et le gros effort de la journée.
Puis délassement dans le jardin : fleurs de bibassier


Vue par la fenêtre de la chambre ; repos, lecture de livre, farniente, c'est maintenant ou jamais.


La deuxième nuit, j'ai dormi 9 heures. Pas mal !!

Mercredi sonne l'heure du retour. 5 heures de marche pour remonter au parking. Quand faut y aller...


Juste à la sortie de l'îlet...


Ils sont énormes !!


Une bonne chose, la remontée se fait constamment sur le versant à l'ombre, donc dans une bonne fraîcheur qui facilite l'effort (mais n'évite pas le dégoulinement étant donnée l'hygrométrie ambiante).
Dernier coup d’œil sur Aurère, mais le piton Cabris m'accompagnera un bon moment.


C'est vraiment pas drôle, cette forte montée dans les racines...


Je "m'amuse" à charger mon sac encore plus en cueillant quelques chouchoux sauvages, mais surtout, je n'oublie pas de récupérer ceux que j'avais planqués (comme un écureuil !!) sous des feuilles, deux jours plus tôt !! 😁

      

Finalement, les prévisions météo alarmistes sont tombées à l'eau (jeu de mots !!) ; pas une goutte de pluie à l'horizon...



Au bout de 4 heures, presque à la fin du sentier, j'entends l'orage gronder au loin... Effectivement, c'est bien gris par là !


Je finirai les derniers kilomètres de route dans le froid et la brume, mais pas de pluie.
Réussite sur toute la ligne ! Merci MAFATE

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