dimanche 17 avril 2016

Pique-nique chemin goyaviers

Contrairement à la chanson d'Ousanousava, le pique-nique ne sera pas "chemin volcan" mais "chemin goyaviers" !
Alors qu'on pensait que la saison cyclonique était finie, le cyclone tropical intense Fantala a pointé le bout de son nez depuis quelques jours, nous est passé au Nord en fonçant vers Mada mais va amorcer un demi-tour assez vite... et redescendre nous frôler... si bien qu'on a de nouveau chaud, il y a du vent et de la pluie dans l'Est.



Tout ça pour dire que pour cueillir les goyaviers, c'est maintenant ou jamais car ils risquent d'être emportés par le vent ou abîmés par de nouvelles pluies !

Ce matin je me dirige donc à Dioré au-dessus de St André. Il y a du vent mais ça dégage la vue sur l'océan !


Les premières centaines de mètres ont déjà été pillées, il n'y a plus rien sur les arbres ! Je me console avec les vues sur la côte...


En montant un peu je finis par trouver quelques goyaviers rouges gorgés d'eau, heureusement j'en trouve des jaunes (appelés "blancs") encore fermes, je remplis mon seau en une heure. J'ai déjà fait mieux... Je décide de suivre le petit panneau "point de vue". Je me retrouve vite dans un étroit sentier terriblement boueux... ça faisait longtemps tiens ! Le sol est jonché de fruits, il n'y a plus rien sur les branches. Tant pis, je passe du mode "cueillette" au mode "rando" !


Après quelques glissades sur des racines, un trempage de pied dans une flaque de boue et la traversée de quelques ravines où j'essaie de rincer mes chaussures, j'arrive au fameux point de vue du kiosque sur l'entrée de Salazie !! Et avec la belle Cascade Blanche en prime ! Au fond, le Piton des Neiges arrive à sortir la tête des nuages...


Je n'ai pas mon appareil photo car je pensais rester en forêt avec mes seaux... je n'ai donc que mon GSM mais je tente un panoramique :


La récolte Dioré 2016 n'étant pas extraordinaire, je décide d'aller sur un autre site (quitte à faire des kilomètres, autant que ce soit le même jour !). J'achète une barquette de shop-suey poulet au Bocage à Ste Suzanne, puis monte à la Plaine d'Affouche par la route de la Montagne (vous savez, cette route que les gens sont obligés de prendre quand la route du Littoral est fermée pour cause de chute de pierres ou de forte houle, et qui leur fait perdre jusqu'à 4 heures tellement elle est étroite et tortillarde ! Et bien quand il n'y a personne, c'est presque un plaisir !).

C'est l'heure du pique-nique en pleine forêt, je me jette sur ma barquette.


Puis je me mets en chasse. Mais elle n'est pas vraiment fructueuse, car à cet endroit, c'est encore trop tôt !! Tous les goyaviers sont verts ou en boutons floraux !
Je profite des bruits de la montagne, de la vue sur la côte, de la température super agréable, j'admire le vol d'un papangue juste au-dessus de moi...


Me voilà rentrée. Hop, passage par la machine magique qui épépine à toute vitesse. Bilan : 2,4 kilos de pulpe et de jus, direct au congélo pour une future confiture. Pas si mal finalement !

dimanche 10 avril 2016

Vive l'inversion !

Inversion : couche dans laquelle la température croît lorsque l'altitude augmente, ce qui est l'inverse de ce qui se produit généralement dans la troposphère.
 (source Internet). D'où le blocage de la formation de nuages !

C'était notre seule chance d'y voir quelque chose. Le passage d'un front froid atténué entre vendredi et samedi ne laissait rien augurer de bon pour la rando costaud dans laquelle j'avais décidé d'emmener Martine. Une rando dont le principal attrait réside dans les points de vue aussi bien sur tout le cirque de Cilaos que sur la côte ouest et aussi sud, jusqu'au volcan.

Il est pile 8 heures, nous sommes au point de vue de la Fenêtre des Makes, 1 587 m d'altitude. Mouais... N'aurait-on pas dû tout de suite prendre le plan B ?
 

Il est un peu tard pour redescendre sur la 4 voies et atteindre un nouveau départ de sentier. On voit que les nuages bougent vite, on se dit que de toute façon on pourra toujours faire demi-tour s'il fait trop moche...


Entre deux nuées, vue plongeante sur l'Ilet à Cordes.


Il fait frais, on met une épaisseur de plus. Mais comme le sentier ne va faire que monter, monter inlassablement... encore et toujours... on sait bien qu'on va vite devoir s'arrêter pour l'enlever !
Ça commence assez sec entre les troncs rectilignes de cryptomérias. Le réveil musculaire est violent !


Puis ça continue toujours de grimper, en fait je vais arrêter de le dire car cette rando ne fait que grimper jusqu'à 2 600 mètres, là où on pique-niquera et où on fera demi-tour !!


Le sentier longe parfois le bord du rempart, on guette la disparition des nuages mais ce n'est pas vraiment ça.


Nous sortons de la forêt pour traverser un genre de clairière d'exploitation de bois. Rosée ou pluie nocturne, les herbes sont perlées de gouttes et nous voilà bien rafraîchies au niveau des jambes !


Jolie vue sur la côte Ouest, la forte houle ourlant de blanc le bord de mer.


Le ciel est d'un bleu limpide, va-t-il se faire dévorer par les nuages ?


Lui (pourquoi ?) a échappé au massacre à la tronçonneuse.


Nous entamons une partie vraiment raide, le piton du Petit Mapou. Et là, un point de vue. Quel bonheur de voir la ligne de crête entre Mafate et Cilaos !






Voilà ce que ça donne en 180° !



Tout au fond, la Fournaise est aussi en plein soleil. Les nuages restent bloqués plus bas. C'est l'inversion !


Avant de s'enfoncer dans la jolie forêt, le sentier passe au plus près du bord... Ici, il y a 1 000 m de chute libre alors autant faire gaffe...


Toute la crête du Kerveguen, du sentier Inard et du Dimitile prend le soleil. Ceux qui les parcourent sont aussi chanceux que nous !


S'ensuit une relativement longue portion dans la forêt, avec ses ravines moussues


ses quelques rares mais belles vues sur le sud-ouest et l'invasion progressive des nuages


ses portions de faux-plat


Isolé dans la verdure, un bâtiment mystérieux... Vite, continuons à monter pour ne pas que les nuages nous rattrapent !


Après 2 heures de marche, nous atteignons une piste forestière abandonnée. Seuls les pompiers peuvent l'emprunter en cas d'incendie.


Je pensais que cette portion de 2,3 km serait plus agréable et qu'on pourrait marcher vite, mais il y a vraiment trop de caillasses...


Il règne un calme olympien, à l'exception du chant reposant des sauterelles et autres grillons. On a l'impression d'être "loin", "ailleurs". Garrigue ? Causse ?


Cette borne est bien utile pour nous aider à nous repérer sur la carte. Il faut encore monter 100 m de dénivelé pour rejoindre le sentier à proprement parler.


Petite descente qui fait du bien.


Nous voilà donc au croisement. Nous ne savons pas encore que ces 2,8 km vont nous sembler tellement interminables...


Retartinage de crème solaire, il fait super beau donc ça tape !


Dans notre dos, la désormais fameuse inversion tient tous ces nuages belliqueux à bonne distance de nous. Quelle chance !


Nous attaquons la partie la moins sympa : la rando cailloux ! Les pieds roulent, cognent, se tordent sur tous ces cailloux qui pourraient servir à faire une partie de la nouvelle route du littoral au lieu de nous rendre la progression difficile !



Oui Martine je sais c'est dur, on n'en voit pas le bout... mais regarde comme c'est beau derrière toi !


Alors que ma compagne de rando n'avançait plus qu'à la force du mental (ou de l'énervement, qui sait ?!) car son énergie l'avait abandonnée depuis longtemps, nous arrivons ENFIN au croisement annonciateur de l'arrivée imminente au but de notre quête...


Allez courage... plus que quelques mètres... (oui je sais ça fait plusieurs fois que je te le dis mais cette fois, c'est vrai !!)...


Mais si, tu vas pouvoir faire le Piton des Neiges le mois prochain...


Et ce jour-là tu te souviendras en riant de cette montée entre les Makes et le Petit Bénare !


Lave figée toute hérissée... je me souviens de mon passage ici en novembre dernier (il faisait d'ailleurs beaucoup moins beau)... la délivrance n'est plus très loin...


passage devant une caverne naturelle pouvant dépanner pour un bivouac de fortune...


Voilà la récompense tant attendue !! De gauche à droite : le Grand Bénare, le Gros Morne, le Piton des Neiges, la longue descente du coteau Kerveguen, le sommet de l'Entre-Deux, et tout au fond : la Fournaise !


On se choisit un emplacement de premier choix pour le pique-nique. On n'est pas vraiment dérangées par les promeneurs ici...


Ce sentier est parfait pour ceux qui recherchent la tranquillité pendant l'effort. Sur les 20 km on aura croisé 10 personnes !


On prend le temps de manger, de photographier, et même d'une petite sieste pour ma camarade de rando.
L'ombre est rare et on sent qu'on cuit. Mais la nuit, c'est une autre paire de manche je crois, on doit frôler le gel...

Ce calme et cette vue. Pas envie de redescendre !!




La pierre noire renvoie bien la chaleur... où poser ses fesses ?


Vue de l'autre côté, par là où on va repartir...


Ce qui est sûr, c'est qu'on va finir dans la brume...


La photo souvenir parce que tu le vaux bien !


Bon, je ne l'ai pas volé non plus ! :o)


Fini de rire, on redescend ce tas de cailloux qui n'en finit pas, même si c'est un peu moins difficile qu'à la montée. Les pieds chauffent...


Genoux verrouillés et cuisses contractées, accrochées à nos bâtons qui nous sauvent plusieurs fois de l'entorse, nous atteignons enfin la piste. On rêve d'un bain de pieds ou d'un massage, mais il n'y a personne de qualifié, alors on continue !


Il est presque 15 heures, nous avons assez descendu pour rejoindre la limite de l'inversion. De minuscules gouttelettes commencent à nous envelopper, ça rafraîchit la peau. Une fois de retour dans la forêt, on perd encore quelques degrés. L'ambiance est magique.


Le soleil n'est pas bien loin...


Plus on descend, plus les gouttelettes grossissent... J'ai rangé l'appareil photo à partir de là... Il fallait surtout se concentrer sur la descente ardue, les feuilles glissantes, les racines, les glissades... mais on est arrivées entières !!


Dénivelé cumulé positif et négatif : 1 600 mètres ; Martine quand je te disais que tu pourras faire le Piton des Neiges !