lundi 9 janvier 2017

Jurassic Forest

Pour cette première randonnée de 2017, je me suis amusée à chercher un circuit que personne ne connaît ou presque, que je n'ai pas encore fait, qui serait dans les hauts, histoire d'être au frais... Bref, du 100 % découverte.

Résultat des courses : je vais faire un tour dans la forêt primaire !!
Et en plus, j'ai un nouvel appareil photo !!!!

Juste après Bourg Murat, petite pause pour admirer notre "toit", le Piton des Neiges et ses vastes prairies environnantes (bon signe, ça caille !) :


Et là je me dis que je vais tester mon zoom x30 !! Ouaaah !!
J'y retourne en juillet prochain avec des amis touristes... Pourvu qu'il fasse aussi beau 😊


Je descends vers la Plaine des Palmistes, tourne à gauche, franchis la zone plantée de cryptomérias où les familles viennent camper ou pique-niquer (vacances, quand tu nous tiens). C'est encore désert à cette heure.


Halte au col Bébour pour contempler le "pestacle" !! Voilà mon terrain de jeux de la journée...


Et en version panoramique :


Encore une dizaine de minutes de voiture et je vois le début du premier sentier. Je sorts tout le matos, et la température que je lis me ravis ! Je ne pensais pas que cela serait encore possible en janvier ! C'est vrai aussi qu'on est dans les hauts...


Bon alors, je suis où ?? Pas évident hein (gnar gnar gnar gnar !!). Et d'abord, c'est quoi cette rivière ?


Un peu de patience !
Je plonge directement dans la forêt primaire de Bébour-Bélouve. La Nature à l'état brut.


Des énormes troncs debout, penchés, couchés, recouverts d'épiphytes en veux-tu en voilà.Le sentier est plutôt correct, pourtant ce ne sont pas les foules qui le foulent !!


Il y a beaucoup de rosée, tout glisse. Toutes les herbes s'essuient sur moi... c'est frais ! J'avance à 2 à l'heure... et en même temps je fais des photos et je cherche d'éventuelles orchidées sauvages !


Oh la gentille attention, un caillebotis ! Un peu trop court par contre...


On ne distingue plus le tronc d'origine.


Il y a toujours beaucoup de mousses alors que la saison des pluies n'a pas encore commencé.


Une ravine où subsistent quelques maigres flaques.Mais c'est quand même casse-gueule.


Voilà enfin la fameuse "rivière", c'est la Rivière des Marsouins, qui se jette à l'Est dans l'océan. Ici, c'est plus une rivière à sec qu'autre chose.

On aurait aussi pu l'appeler la rivière des galets mais ce nom est déjà pris !


Retour dans le sous-bois touffu.
Je découvre des plantes que je n'avais jamais vues, malgré mes innombrables randos.


Et même des jolies petites fleurs. Je teste l'appareil photo, il passe en macro tout seul et c'est net ;  trop bien ! Ici, bégonia minor Jacq.


Sur la carte, quand on regarde l'altitude de départ et celle d'arrivée, on calcule qu'il n'y a que 250 m de différence. Mais à la Réunion on est les spécialistes du dénivelé cumulé, grâce à nos célèbres ravines, on descend d'un côté et on monte de l'autre, et on recommence... Avec des escaliers, avec des racines et nos mains, ou à quatre pattes, au choix. On fait les montagnes russes et après, on le sent bien dans les jambes. Et puis bien souvent il y a un tronc à enjamber !


Ce qui fera, au total, plus de 1 000 m de D+ sur ce sentier qui n'a l'air de rien. 
J'arrive au bout du sentier de la rivière qui rejoint la route forestière sur quelques centaines de mètres avant de changer de nom pour s'appeler :


Heureusement que le temps est à la sécheresse. Car les mares sont presque à sec, on ne s'enfonce pas plus de 2 ou 3 cm et bien souvent il y a des bouts de bois pour traverser, ou les bords de la mare sont encore relativement secs.


Bon c'est vrai qu'il y a aussi la mare "traîtresse" qui cache bien son jeu, et dans laquelle votre pied s'enfonce soudain de 10 cm avec un drôle de bruit. Mais ce sont les règles du jeu, quand on va dans un des coins les plus humides de l'île, et du monde (record en 2007 : 2,84 mètres d'eau tombés en 3 jours oui oui !!) (source geoclimat.org).

Et voilà la plus belle, la fougère arborescente...


Les troncs sont littéralement enveloppés de mousses, fougères et autres plantes.


Petit plateau, on voit enfin les environs.


 C'est pour mieux repartir dans la forêt ! Je m'essaie à un nouveau gros plan :


Jeu d'ombres et de lumières


Oh mon Dieu, au secours, un gros serpent préhistorique !!


Ha ha je vous ai bien eus !! Ce n'est qu'un tronc de fougère arborescente.

Je constate que j'ai autant de chance de trouver une orchidée qu'un vélociraptor, il ne me reste plus que les innombrables catégories de mousses...


Du bois de corail avant floraison


Et pourquoi "bois de couleurs" me direz-vous ? Et bien, parce que :


Soudain, dans un petit creux, une invasion d'hortensias hydrangea macrophylla avec leurs deux couleurs:


Il y en a aussi plein dans la descente du Nez-de-Bœuf à Roche Plate, dans la Rivière des Remparts. C'est vraiment beau.


Mais où se cachent les dinosaures ?


Dans le sous-bois il fait 19 degrés ; dès qu'on en sort, le soleil tape fort.


N'est-ce pas merveilleux, des fraises des bois ?


Dommage qu'elles soient totalement insipides... d'où leur nom local "fraise de l'eau".

Encore une occasion de tester ma souplesse. Alors, je passe au-dessus ou en dessous ?


Ici le sentier disparaît sous les hautes herbes. J'aurais dû prendre mon rotofil.


Un petit raidillon et voilà une jolie vue sur la canopée et les collines environnantes.




Quand on regarde les fleurs de près (moins d'un centimètre chacune !), on dirait bien une orchidée...


Nouveau croisement


C'est reparti pour l'enfer vert ! Par où je passe moi ?


On est d'autant plus surpris par ce genre de construction, surgie de nulle part !


La ravine est à sec, mais les murs sont tapis de mousses.




Ici, de très vieux escaliers en béton, il y a même une partie en train de s'affaisser.


J'arrive au bout du sentier (entre-temps le sentier "des mares et bois de couleurs" était devenu le sentier "des tamarins"). Brutal retour à la civilisation, je suis au niveau du parking bondé d'où part une des plus populaires randos du coin : le Trou de Fer.



Moi j'aime bien le calme alors je continue avec mes sentiers où il n'y a personne. J'emprunte la piste forestière.


Le cryptoméria du Japon est exploité pour son bois, entre autres, qui sert à fabriquer les passerelles sur les sentiers ! C'est parce qu'il est imputrescible.


La piste devient sentier.


J'arrive sur ce qui est, pour moi, la plus belle portion de la journée.


Une impressionnante concentration de bégonias en pleine floraison, avec par-ci, par-là, des digitales mauves.


Le fuschia avant floraison.


Puis pendant.


On ne s'attend pas à trouver une telle clairière ensoleillée quand on vient de marcher 3 heures en pleine jungle.


Il y a même toute une ligne de fougères arborescentes du plus bel effet !





Nouvelle petite incursion en sous-bois. Il fait chaud maintenant, il fait faim aussi. Allez, encore un petit effort.




Je ne suis plus qu'à quelques minutes du gîte.




La vue sur le cirque de Salazie...



Au milieu, avec son sommet plat un peu dans l'ombre, le piton d'Anchaing. C'est trop tard pour voir les autres...


Pas mal, ce zoom x30 !


Je me cherche un coin pour pique-niquer. Il n'y a pas beaucoup de monde et c'est tant mieux. C'est vrai qu'il faut marcher environ 500 m depuis le parking !!


Les nuages s'intensifient dans le cirque mais nous, on reste au soleil. 25 °C, ma température idéale !


En repartant je fais un détour par les aménagements récents destinés aux personnes à mobilité réduite, avec panneaux pédagogiques.



J'emprunte une partie de la route forestière.



Puis retour dans la forêt.


La lumière est moins rasante que ce matin, c'est plus pratique pour les photos.





L'exemple d'une mare traîtresse... On croit que c'est plat et sec. Mais le bâton de droite, sans rondelle, s'enfonce de 20 cm par rapport à celui qui a une rondelle !




Le sentier se rapproche parfois très près de la route, et permet ponctuellement de la rejoindre ; il faut avoir les yeux aux aguets pour ne pas louper la signalétique (qui a besoin d'un bon coup de rafraîchissement !).


Je décide d'emprunter la route à nouveau, les nuages se forment sans toutefois masquer le soleil.





Je refranchis enfin la rivière des Marsouins, sur le pont cette fois.




La voiture est à 10 minutes.
J'ai bu mes 2 litres d'eau, mon demi-litre de smoothie maison, il était temps que j'arrive ! J'ai du thé dans un thermos, petit réconfort de fin de rando.
Et maintenant, retour sur le littoral !

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