dimanche 16 août 2015

Et si on faisait le mur ?

J'aurais aussi pu intituler cet article "Dites 33", 33 comme les 33 pour cent de la pente que nous allons gravir en ce samedi matin...
Oui, prenons 1 000 mètres de hauteur sur seulement 2,5 km, on va bien faire travailler les cuisses ! Et tout le reste du corps vu qu'il faudra s'aider des mains, et du cœur aussi !!
J'ai nommé la montée de Grand-Ilet à la Roche écrite... Cette difficile rando est tous les ans sur le parcours du Grand Raid...


Elle se compose de deux parties : la montée du "mur" puis, une fois qu'on est sur le plateau, le dernier kilomètre jusqu'à la Roche écrite (une formalité !!).

J'arrive vers 7 heures du matin et au détour d'un virage, le voilà, le massif de la Roche écrite, le fameux mur que nous devons gravir ; ah ouais quand même... Et à gauche, le Cimendef, coiffé d'un léger nuage. Il fait un temps magnifique !


Avant de retrouver les trois Ovésiens qui vont m'accompagner, je pousse jusqu'à Mare à Martin. Lieu connu pour sa... mare !! Gagné ! Et pour le reflet du Piton des Neiges... que j'avais loupé, lors de ma dernière venue à cet endroit en 1998. Et oui ce n'est pas tous les jours que l'on vient dans l'un des ilets les plus isolés de l'île.
Ce lieu, à vol d'oiseau, n'est qu'à 16 km de chez moi ! Mais avec le relief de l'île, il se retrouve à 90 km et une bonne heure et demie de voiture... Superbe panorama avant d'atteindre la mare. Y aura-t-il de l'eau cette fois-ci ?



Je me gare, m'avance... oui, il y a de l'eau et encore de la brume à la surface ! Il ne fait pourtant pas très froid.


Sur ma droite, le reflet du Cimendef et de la Roche écrite où déjà des nuages s'accrochent...


Et droit devant, majestueux !!!


En version verticale, ça rentre tout juste dans mon objectif !


Je suis ravie, cela me met de bonne humeur pour commencer la montée. Nous voilà au pied du mur (ha ha). C'est pas compliqué, vous suivez les escaliers jusqu'en haut !


Il ne faut pas s'emballer car ça attaque tout de suite dur, avec des marches en béton au milieu de goyaviers (terrain privé semble-t-il). Il est 8 heures, je branche le cardiofréquencemètre et c'est parti !


Du soleil, pas de vent, j'ai même enlevé les jambes amovibles de mon pantalon. Le sentier est sec... Pas mal, pour le cirque le plus arrosé de l'île !


Inutile de préciser qu'avec un dénivelé pareil sur une si courte distance, on prend trèèèèès vite de la hauteur et je m'arrête tous les 100 m pour prendre des photos. Devant nous, le Piton d'Anchaing avec son sommet plat si caractéristique.


Les nuages vont tenter une timide offensive par l'Est, ils sont encore loin heureusement pour nous !


Le sentier alterne entre parties boisées et parties dégagées où nous pouvons admirer le rempart nord de Salazie.


Nous nous faisons dépasser par quelques raiders qui s'entraînent. D'autres redescendent déjà (à quelle heure sont-ils partis ?? et surtout, à quelle vitesse sont-ils montés !!??)...


Nous montons à un rythme régulier et ce sentier ne me semble finalement pas plus difficile que Cap Anglais ou Kerveguen.


On commence à bien surplomber le Plateau la Mare où j'ai pris les photos du reflet du Piton des Neiges.


Si vous cherchez bien, vous verrez peut-être un petit bonhomme en blanc et un petit bonhomme en rouge...


Cela fait 30 minutes que l'on grimpe... Les arbres s'écartent un peu pour que l'on profite du paysage.




Des marches grossières ont été taillées à même la roche.


Voilà les seuls 20 mètres de faux-plat de tout le parcours... Profitons-en !


De l'autre côté du cirque, on distingue les toits du gîte de Bébour, tout en haut du rempart au-dessus de Hell-Bourg.


La seule échelle du parcours.


Je remarque soudain cette plaque ; je me souviens avoir lu qu'elles servent aux coureurs pour voir leur progression. Je vais faire pareil !! Je regarde ma montre, cela fait 1 heure pile qu'on est parti ! On a une bonne moyenne !!


On distingue bien la forme conique du Piton Bénoune maintenant.


Une vue du sentier.


Le plateau, la mare, les remparts...


Ici, c'est une succession de lacets très serrés.


 Et vu de dessus : on se dit que la descente, ça promet !


Ici, les bâtons me gênent plus qu'autre chose. Quelle chance que le sentier soit aussi sec !




Pile 30 minutes après la plaque des "500", voilà celle des 800. On ne faiblit pas, c'est parfait !


Là il ne faut pas se précipiter... servons-nous de la main-courante si gentiment proposée !


Elle n'est pas indispensable mais j'imagine que lorsque l'on descend sous la pluie, elle doit vraiment rassurer.


Tout devient vraiment plus petit...


On commence à voir de l'autre côté, vers le nord de l'île. Là-bas dans le fond, se trouve l'ilet Quinquina.


Un passage un peu dégagé m'expose à un vent fort et froid. Le ciel est magnifique !


D'ici, on voit jusqu'à la côte et les nuages sur l'océan.


J'en prends plein les yeux. Ce relief accidenté tapissé d'une luxuriante végétation, où personne ne vit... D'après la carte, ce serait la Ravine du Grand Rondage... qui rejoint la Rivière des Pluies en aval.


La végétation a changé. Je sens que j'approche de la fin.


Victoire ! Cela fait pile 2 heures que je grimpe... Yesss ! Bon, les meilleurs raiders eux, ils mettent 3/4 d'heure hein...


En récompense, du soleil et toute la vue !


Après une petite pause, on poursuit dans les branles pour rejoindre le chemin de la Roche écrite.


On retrouve le paysage typique de la Plaine des Chicots.


On voit jusqu'à Saint-Denis.


La flèche indique le trajet vers le gîte, mais pour nous ce sera dans l'autre sens.



Il souffle un vent très froid, je remets les jambes de mon pantalon, puis mon coupe-vent. J'ai les doigts gelés ! Nous arrivons au sommet, les gens sont transis, planqués derrière des roches ou dans les bosquets.


Sur l'ouest, tout le rempart de la forêt de Sans-Souci est dégagé et on voit jusqu'au Port.


Salazie se retrouve masqué.


Mais avec un vent pareil, on se dit que ça ne devrait pas tarder à se découvrir !


On se trouve un petit coin abrité pour pique-niquer tout en surveillant les nuages.


Après plusieurs fausses alertes, on arrive à voir un peu plus. Mais on n'est pas frustré, on a déjà tellement vu dans la montée !!



On finit notre pique-nique, on referme les blousons et on repart dans le vent.


Et aussi la brume !



On ne s'attarde pas sur le plateau. Mais dès qu'on entame la descente, à l'abri du vent il refait bon. On progresse très précautionneusement. La vue est masquée pendant un moment, au moins, on peut se concentrer sur là où on met nos pieds !
Puis on passe sous les nuages.


Les mêmes vues qu'à l'aller, le soleil en moins. Mais ça aurait pu être pire.


Non, il ne pleuvra pas. On se remet de la crème solaire.


Un prunier en fleurs que je n'avais même pas vu à la montée tellement j'étais concentrée sur mon effort...


J'aperçois les tables de pique-nique près de la route, la voiture n'est plus très loin.


Le dernier des Goyaviers


Nous récupérons les voitures. Il fait tellement bon qu'on s'arrête à Grand Ilet boire un coup. Des chants sortent de la belle église en bardeaux, c'est vrai, c'est l'Assumption. Cette église est classée aux Monuments historiques depuis 1982.


Dans le bar-snack-épicerie juste en face, il y a tout ce dont vous pouvez avoir besoin pour cuisiner si vous êtes dans un gîte, ou pour vous faire un casse-croûte en cas de rando.


Il ne me reste plus qu'à reprendre la route, les jambes un peu raides il faut bien le reconnaître, mais la tête remplie de fabuleuses images !

1 commentaire:

  1. Superbe rando! Le plaisir est aux gens qui se lèvent tôt ;)

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