samedi 23 mai 2015

En rouge et noir...


4h36 : non ce n'est pas l'heure à laquelle je suis rentrée de boîte !
C'est l'heure à laquelle je suis arrivée sur le parking Foc-Foc, pour aller voir l'éruption. Donc, un lever à 2 heures du matin. Si c'est pas de la motivation ça !

J'ai roulé sans les bouchons monstres annoncés. En fait, en ajoutant la météo prévue, les 3 jours de ce weekend de Pentecôte et l'âge du capitaine, j'ai calculé que c'était maintenant le meilleur moment. Personne sur la route jusqu'à Bourg Murat, puis je rejoins une dizaine de voitures. Sur le parking, on peut se garer normalement.

Je n'ai trouvé aucun courageux pour m'accompagner mais je ne suis pas vraiment seule non plus, beaucoup de gens faisant le trajet en sens inverse.

Bonnet, gants de ski, polaire et anorak, et c'est parti pour une 1 heure 30 de marche, à un bon rythme pour me réchauffer et pour arriver avant le lever du soleil.

Au bout d'une heure, premier point de vue.


 
Ça s'annonce bien mieux qu'en février car déjà, il n'y a pas un nuage, mais un superbe ciel constellé d'étoiles. On ne voit pas la coulée (orientée plein sud) mais il y a une fontaine de lave du plus bel effet.


Je poursuis. Je dépasse beaucoup de familles, qui marchent moins vite, donc qui ont dû arriver encore plus tôt que moi...

Je m'éloigne du sentier comme tout le monde pour m'approcher du bord du rempart et tenter de me protéger du vent frisquet derrière de maigres buissons. Puis les premières lueurs du jour commencent à poindre : il est 6h30.








Je dépasse le piton de Bert, de plus en plus de monde, des tentes, les gens parlent, rient, se plaignent du froid. Je veux bien les croire. Je prends 2 photos et déjà je ne sens plus mes doigts ! Et les photos avec des gants, ce n'est pas bien facile !


La masse de nuages à l'horizon laisse durer le suspens. Le cratère fumant semble perdre de son intensité au fur et à mesure qu'il fait plus clair.



Bientôt on ne distingue plus qu'un petit rond lumineux, puis plus rien. On pourrait croire que la fontaine est tarie.


Il faudrait maintenant attendre quelques heures, que le soleil soit plus haut, pour revoir le cratère et la lave. Mais pas question de poireauter, il fait trop froid !
Je sors ma thermos de chocolat chaud et ma brioche. Sympa comme petit-déj, non ?


Je fais demi-tour. Le rempart est maintenant bien ensoleillé, alors que l'enclos est encore dans l'ombre de la Fournaise.


Je laisse sans aucun regret la foule massée au bord du vide.


Je me demandais combien il faisait, mais j'ai la réponse : pas loin de 0° car c'est givré partout.


Les rares flaques ont même une pellicule de glace !


Le soleil ne chauffe pas assez pour que j'enlève une des mes couches, mais la marche est quand même plus pratique qu'avec la frontale. Et ce ciel !


Comme cette éruption est partie pour durer, d'après les spécialistes, il n'est pas exclus que j'y retourne, en espérant que l'on puisse s'en approcher un peu plus (nationale RN2 ou dans l'enclos).

En tout cas, cette sortie au froid m'aura permis de tester mon équipement : bonnet : ok, gants : rajouter des sous-gants car les doigts refroidissent trop vite ; polaire et anorak : ok quand on marche mais au bout d'un quart d'heure d'arrêt, gla-gla, donc un sous-vêtement technique chaud ne sera pas de trop ; pantalon : je ne sentais plus mes cuisses tellement elles étaient froides, même en marchant, donc un caleçon long technique chaud ne sera pas de trop.

Parce que fin juillet, ça sera encore plus froid... Objectif : 3 000 mètres ! 



2 commentaires:

  1. Et en rentrant, tu as même eu le courage d'écrire cet article? bravo! Pour nous, ce sera demain après-midi. Je prépare les thermos!

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  2. On n'a pas eu de bouchons depuis la route des laves mardi, mais on mis 2h à pouvoir sortir du parking dimanche! Heureusement, on était avec des amis, le temps est passé plus vite.

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