vendredi 23 septembre 2016

Piton et cirque version Gardoise !

Me voilà de nouveau en vadrouille sur les sentiers, histoire de ne pas perdre la main (ou plutôt les pieds ?).
Mon défi du premier de ces deux jours "Causses et Cévennes" (patrimoine de l'UNESCO) : faire le sentier des 4 000 marches ! Moi qui n'aime pas les marches, je me demande si je ne suis pas un peu maso. Bon en fait il n'y a pas vraiment de marches !

Départ du petit village de Valleraugue, aux confins du Gard. On traverse l'Hérault dont la source n'est qu'à quelques kilomètres..

 

Ils ont oublié d'indiquer le dénivelé, soit 1 200 m positifs ; ça a son importance non ?!


Quelques dizaines de mètres dans le village, pas trop le temps de s'échauffer, on attaque le cardio !



8 h du matin, tout le monde semble encore dormir, quel calme !


Le premier figuier chargé de fruits que je vois (dans les bas, les figues sont rares ou inexistantes car il a fait trop sec).


Le récap, pour vous laisser une chance de changer d'avis une dernière fois !


Il fait frais mais pas froid et franchement, on a vite chaud en grimpant !

 

Au milieu, la bâtisse cubique : le gîte où je vais dormir ce soir, une ancienne magnanerie retapée (l'endroit où on élevait des vers à soie). Mais on n'y est pas encore !


Les premiers châtaigniers apparaissent.


La journée s'annonce pas mal, un peu de vent du Nord évite qu'on surchauffe trop vite...


Je marche avec trois Ovésiens qui connaissent le sentier comme leur poche, pas besoin de sortir ma carte. Tranquillité d'esprit !


C'est la ligne de crête que l'on empruntera au retour.



Châtaignes et bruyères, c'est l'automne ici !


Vue cévenole classique ; quelle belle région !


"Les feuilles mortes se ramassent à la pelle"...


Il y a une course de montagne ici en juin. On trouve d'ailleurs quelques bouts de rubalises.


S'ensuit une longue traversée de forêt de résineux qui protège du vent mais permet moins de vues.


Petit passage en crête à l'Estivel. Devant nous, notre objectif...



Fait pas chaud sur cette zone exposée... 265 jours par an le vent souffle à plus de 60 à l'heure.


Détour de quelques mètres pour voir le rocher troué.





On flirte avec les 1 000 m d'altitude maintenant.


Le passage en crête, sans arbre, permet d'apprécier pleinement le site.


Après une pause grignotage, on repart, du côté à l'abri du vent. Il fait presque trop chaud !



Pas mal de faux-plats ici, c'est bien !



Le chemin déjà parcouru :


De nouveau, quelques passages dans les rochers.


Le Valat de la Fageole : on retrouve la forêt.


Petit gué tranquille


Il reste encore un bout à monter. Cette fois, les arbres ont les troncs blancs : des hêtres.


Les grosses pluies de mercredi dernier n'ont pas rempli le cours d'eau.


Allez courage, c'est presque fini !





Le menhir contemple le causse depuis ses 2,20 m de haut et surtout, depuis 5 000 ans.


Un peu de lecture...



Voilà enfin cette fameuse station météo, dernière station de montagne habitée de France. Inaugurée en 1894 après 7 ans de travaux (conditions extrêmes qui limitent le nombre de jours où les ouvriers pouvaient travailler).


Avec une telle situation, la station enregistre de nombreux records de vent, précipitations et chutes de neige. Quelques chiffres impressionnants ici.




Une petite guérite pour remplir sa gourde à l'abri des éléments, mais gare aux courants d'air !

 

Rapide tour dans le bâtiment pour voir l'exposition sur la météo et le musée. On y trouve par exemple de nombreuses photos de neige, givre, congères...


Ou encore quelques relevés records.



Et une série d'instruments de mesure des années 30.



Je reconnais que je m'en sors bien aujourd'hui : il fait 8° au sommet et le vent souffle à 50 - 60 km/h !


Il nous faut maintenant trouver un endroit sans vent pour pique-niquer. En tout cas, pas du côté Nord !! Brrrrrr...


Par temps exceptionnel (10 jours par an), on peut voir un quart du territoire français ! Le Mont-Blanc, le Mont Viso (Italie), le Ventoux, la Méditerrannée, les Pyrénées (pic d'Aneto en Espagne), les Corbières, le mont Lozère et le Cantal. Aujourd'hui malgré le vent, distingue à peine les reflets du soleil sur la Méditerranée. Mais on ne va pas se plaindre...


On redescend un peu après le menhir et on se trouve alors sur un promontoire qui a une super vue. On distingue d'ailleurs le sentier que l'on a monté.


Allez hop ! Tout le monde s'assied, face au soleil, pour la pause repas avec panorama intégré !


Puis on reprend la descente. On va prendre par les crêtes et passer à côté du véhicule blanc. Il nous reste 2/3 à faire quand même.



Nous abandonnons la station météo à ses vents impétueux.





On emprunte quelques raccourcis bien caillouteux et friables...


Bon ben, plus que 12,7 km !


Petit coup d’œil en arrière, on a mangé tout en haut...


On entendait des cloches tintinnabuler depuis un moment... on voit enfin les bêtes !!



Pas mal la vue tout en broutant !


On continue sur la crête pour éviter la piste forestière.




Cette fois, on ne peut pas y couper : piste forestière ! Mais quelle belle forêt de résineux !


Ces petits points rouges, ce sont les graines de sorbier qui vont nourrir les oiseaux l'hiver venu...


Dire qu'on était sur cette pointe là-haut !! Mes compagnons de marche tiennent un bon rythme, on est dans les temps, même mieux.


Se mettre au bout de la passerelle, ouvrir les bras et crier "je suis la reine des Cévennes !!" :o)


Pas le temps de rigoler ! On voit qu'on a encore du chemin à parcourir !


D'ici on voit la crête qui nous a permis de monter jusqu'au Mont Aigoual...


Là commence la partie la moins rigolote, plus de 2 heures de draille, ce sentier terriblement caillouteux qu'empruntent les troupeaux pour la transhumance. Le Grand Bénare n'a rien à lui envier !


Il nous faut pourtant rejoindre le village de Berthézène avant de récupérer la route pour les deux derniers kilomètres.





Le calvaire est enfin fini !! Nous pensons pouvoir aller goûter aux pommes locales mais celles-ci ne sont malheureusement pas encore mûres... tant pis !!



Hourrah nous voilà revenus à notre point de départ !


Sans commentaire


Pour ma part, ce sera un petit verre de vin de citron fait par le propriétaire du beau gîte où je vais passer la nuit (et je serai la seule à y dormir !!). Après une bonne nuit au calme, je repars vers de nouvelles aventures... Il fait toujours beau mais seulement 15 °C...


Le gîte "Le Cagnel" vu de l'extérieur.


C'est une belle grosse bâtisse carrée.


Sur la route, je ne peux m'empêcher de photographier cette crête qui pourrait presque faire penser au col du Taïbit, avec une seule Salaze :o))



Quelques lacets et me voilà sur le causse de Blandas.


Et voilà le but de ma journée ; après le Piton Mont Aigoual, le CIRQUE de Navacelles, si si !!


Celui-ci n'est pas dû à un effondrement de caldeira, mais à l'érosion par l'eau (la Vis).


De nombreux méandres forment les gorges de la Vis.


De jolis virages en épingle à cheveu, même s'il n'y en a pas 400 !


Au milieu dans le fond, les maisons de Navacelles.


En face, la route très étroite qui remonte vers le côté Sud du cirque.



Je trouve de la place sur le parking mais de nombreux randonneurs commencent à arriver ; il faut dire que la météo est optimale... Vite j'attaque le circuit de 10 km, bien suffisant après la rando d'hier !


 Quel joli chemin tout plat avec des petits gravillons !


Le cynorhodon (ou gratte-cul à cause des innombrables petits poils urticants dedans), baie de l'églantier, si bon en confiture mais pas facile à trouver déjà faite !



"Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent
Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été..."


Le soleil commence tout juste à éclairer le sommet des falaises alors qu'il est presque 10 h du matin ! Je ne risque pas de crever de chaud...


Oh la la attention, une main courante !! Bon c'est vrai que mouillé ça doit être glissant...


On entendrait une truite nager...



Moi qui pensais que seuls les filaos avaient les racines roses !



Le soleil réveille les dernières cigales qui entament un petit concert...


Sûrement un coup de foudre !


J'arrive enfin sur le site de la résurgence de la Vis qui a parcouru plusieurs kilomètres sous terre. Pas assez de débit ici...


Mais il doit y avoir de l'eau régulièrement :


Deux moulins sont ici depuis le 12e siècle et ont arrêté de fonctionner en 1907.


Ils ont été détruits par d'énormes crues, puis ont été retapés.


Il y a un vacarme assez impressionnant, l'eau qui se précipite sous le premier moulin...





Il s'agit de moulins à axe vertical.


Le trou par lequel passait l'axe.





Le moulin vu de face


On voit la même voûte presque immergée lors de la crue record de 95. Débit max 30 m3 seconde...




Le sentier remonte maintenant, sur le versant majoritairement au soleil.



Le sentier commence à ressembler à certains de la Réunion.



Un petit bout de route, un petit bout de sentier plat le long duquel se trouvent plein de petits abris avec auges remplies de l'eau de pluie.


Ceux qui connaissent le "sentier de l'effet mer", près du gouffre de l’Étang Salé, trouveront des similitudes avec les deux images ci-dessous :



Je trouve un peu d'ombre pour manger le pique-nique fourni par le gîte où j'ai passé la nuit. Je savoure ces instants de calme, il ne me reste même pas 3 km à faire.


Le sentier traverse plusieurs pierriers.




Le village de Navacelles ; impossible de le visiter, il y a un tournage de film !! Alors, Will Smith, Bruce Willis ou George Clooney ?


J'apprendrai plus tard qu'il s'agit de "Cornélius, le meunier hurlant"...
Le sentier finit par le petit pont de pierre typique.


Des figurants...


Il me reste une étape : remonter de l'autre côté du cirque et l'admirer depuis le belvédère de la Baume Auriol. Et cela vaut le coup !!



Zoom sur le sentier où je suis passée.


Le chemin du retour se fait par les gorges de la Vis et leurs couleurs automnales.


Fin des deux jours dans les Causses et Cévennes. Wouaaah !!



1 commentaire:

  1. Merci pour cet article ! Moi qui ai tellement traîné mes guêtres dans le sud métropolitain (Valleraugues, 4000 marches, Navacelles, gorges de la Vis, moulin de la Foux, tous ces noms m'évoquent tellement de belles randos...), j'ai savouré tes parallèles avec les paysages réunionnais, que je découvre avec délices depuis deux mois.
    Au plaisir de te croiser sur notre île intense ! ;-))
    Claire

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