dimanche 12 avril 2015

Takamaka ou l'enfer vert !

En ce beau samedi, direction le cœur de l'île dans la belle forêt primaire de Bébour : 

 

Nous allons descendre le sentier des "26 échelles de Takamaka". Faut pas se louper niveau météo car c'est l'endroit où il pleut le plus au monde (7 mètres par an), et la mise en garde n'est pas exagérée :


Notre minibus nous dépose donc au début du sentier ; il fait frais, on est seuls...


Dans cette forêt on trouve de beaux spécimens de fanjans (fougères arborescentes, 3 espèces indigènes à la Réunion).


De jolis fleurettes de fin d'été tapissent les talus.


Nous suivons tout d'abord la piste forestière, histoire de chauffer les articulations et de réveiller les muscles.


Alors qu'il pleut à verse dans l'ouest, on a du beau temps, un comble !



Soudain, surprise !! Un téléphérique ! Je ne savais pas qu'on faisait du ski ici...


Ça devait être avant le réchauffement climatique !! Nous arrivons au belvédère sur la rivière des Marsouins.


En bas, le barrage hydroélectrique.

De ce côté, le Piton des Neiges rougeoie, magnifique !


La piste laisse la place à un sentier ou devrais-je dire, ce qui a dû être un sentier un certain temps...


Mais ne nous plaignons pas, ce n'est pas boueux ! C'est juste "encombré" !


Les choses sérieuses vont commencer. La suite des échelles et autres passages délicats barrés de racines arrive...


Ce n'était pas du chiqué...


On enchaîne les échelles plus verticales et longues les unes que les autres, avec rarement un petit replat pour laisser reposer les cuisses qui chauffent de plus en plus...


En équilibre entre les 8e et 9e barreaux, je me risque à lâcher une main pour immortaliser cette vue :


Les échelles sont de plus en plus dissimulées dans les herbes folles. C'est la véritable immersion dans la chlorophylle !

 

La descente continue, ce n'est pas spécialement difficile mais c'est très demandeur au niveau "concentration" et "attention". La vallée de Takamaka se dévoile de plus en plus. Et quel beau soleil !


Lors d'une pause, je découvre même de belles orchidées (fin de la saison).


Nous sommes également surpris de trouver de très nombreux goyaviers, mûrs à point, bien gros et bien sucrés ! Mais je n'ai pas prévu de revenir ici avec des récipients de 5 kg pour faire ma confiture ! J'en mange donc le plus possible !


Ils devaient être en rupture de stock d'échelles de plus de 20 m, ils ont donc utilisé 2 échelles, il suffit de sauter de l'une sur l'autre ! Plus fort que l'accrobranche et gratos en plus !


Avec tout ça, nous avons mis 2h30 pour faire 6 km environ ! Mais personne ne s'est fait mal ou une frayeur. Nous faisons un petit crochet par l'ilet à Bananes.


Au-dessus de nos têtes, le rempart que nous venons de descendre.



Le "petit crochet" se révèle être une abrupte descente de 45 minutes, glissante et casse-gueule (au choix, sur la mousse ou sur les rochers ou sur les racines). Nous progressons avec précaution.


Le bruit de l'eau se fait de plus en plus fort, mais la végétation est encore trop dense pour qu'on distingue quelque chose !


J'arrive à prendre en photo un zoizo la vierge qui virevolte de branche en branche.



On pensait en avoir fini, mais non ! Et celles-là elles sont encore plus raides et plus longues, avec arceau de sécurité... Mais quelle aventure ! Indiana Jones n'a qu'à bien se tenir !


Entre les deux échelles, cela fait un coude en plus !


Mais la récompense est au bout du chemin de l'échelle. Nous atteignons le fond de la rivière avec de superbes bassins d'eau cristalline (connus par quelques rares pêcheurs de truites). C'est un enchantement.






L'eau est glacée mais fait du bien aux muscles endoloris de certains !



Nous décidons bien sûr de pique-niquer dans cet endroit idyllique... Puis il faut remonter pour retrouver le sentier officiel et continuer la descente. Mais c'est par où la sortie ?? Ben par là voyons !


Kézaco ? Un champignon ?


Nous pensons rejoindre un sentier plus roulant. Sauf que ce n'est pas du tout le cas : invasion de songes, vigne marronne, z'herbe tension qui nous masquent le chemin et ses pièges (racines, rochers, trous...).


Nous ne battons pas des records de vitesse. Sur les parois, de nombreuses cascades coulent. De nombreux éboulis jalonnent le sentier, on marche en serrant bien côté montagne.



Les nuages commencent à monter, on redoute la pluie mais non elle a décidé de nous laisser en paix.



Nous finissons par arriver à la croisée et alors qu'on pensait être presque au bout, on se rend compte qu'on a 45 dernières minutes de montée... Allez courage !


Nous passons au pied de cette grande cascade.



Ici le sentier a été creusé dans la roche pour que seul un pied se pose dans le sillage... 


Le soleil éclaire les nombreuses cascades qui subsistent après les fortes pluies de ce début d'année. Ça fait plaisir de revoir le vrai visage de la Réunion avec de l'eau qui coule de toutes parts !


Il est 16 h passées et nous atteignons la fin du voyage, le point de vue sur la vallée de Takamaka ; petit moment de nostalgie, je n'étais pas revenue ici depuis ma première visite de l'île en avril 1998... J'avais déjà été époustouflée par ce spectacle !


Je pense que tout le monde sera de mon avis...

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